Déconnectez des écrans : postures de yoga pour soulager vos tensions cervicales
D'après un article récent du South China Morning Post, cette raideur dans la nuque que vous sentez peut-être en ce moment, après des heures passées sur votre téléphone ou devant votre écran, n'a rien d'imaginaire.

En compilant les données de sept études portant sur 10 715 adultes, des chercheurs ont montré en 2025 dans le Postgraduate Medical Journal que l'usage intensif du smartphone était associé à un risque nettement plus élevé de douleurs cervicales, ce que l'on commence à appeler le « tech neck ». Troubles du sommeil, fatigue visuelle, posture voûtée: le corps finit toujours par envoyer un signal, et c'est bien souvent une invitation à ralentir plutôt qu'un verdict à subir.
S'asseoir, observer, laisser la respiration revenir
Avant tout mouvement correctif, je vous propose un temps d'arrêt très simple. Installez-vous, laissez votre bassin se déposer dans le sol, imaginez que votre colonne s'étire d'elle-même vers le ciel, puis ramenez doucement le menton vers la gorge. Ici, déjà, quelque chose se dénoue: la respiration peut s'allonger, l'agitation du dehors perd un peu de son emprise.
Dans cet espace, tracez de larges cercles avec le bout du nez, d'abord dans un sens, puis dans l'autre, cinq fois chacun, à la vitesse qui vous convient. Ce mouvement lent vient ouvrir l'avant du cou, la poitrine, ces zones que les écrans verrouillent à notre insu. Laissez chaque inspiration nourrir l'étirement, et chaque expiration vous déposer un peu plus.
Trois gestes courts pour offrir du relâchement au corps
Pour la poitrine et les épaules, levez-vous, joignez les mains dans le dos, puis éloignez-les du corps à la hauteur qui vous semble juste, sans forcer. Inclinez doucement la tête vers le ciel et restez trois respirations. Vous allez sentir l'avant du corps s'ouvrir, comme une fenêtre que l'on rouvre après un long hiver.
Pour les yeux, lavez-vous les mains, retirez vos lunettes si vous en portez, frottez vos paumes l'une contre l'autre pour les réchauffer, puis posez-les sur vos paupières fermées sans appuyer. Cinq respirations, offertes à votre regard fatigué. C'est un geste ancien, presque maternel, qui rappelle à vos yeux qu'ils ont le droit de s'éteindre un instant.
Pour finir, la posture du pont soutenue par un coussin. Allongez-vous sur le dos, genoux fléchis, pieds à largeur de hanches, soulevez le bassin et glissez un coussin sous le bas du dos, puis étirez les jambes, les bras ouverts sur les côtés, coudes fléchis, paumes vers le plafond. Cinq respirations profondes. Cet étirement doux de l'avant du corps vient défaire, en quelques minutes, la posture arrondie que les heures d'écran installent sans qu'on s'en aperçoive.
En faire un rituel, pas une performance
Ce qui compte, ce n'est pas de tout faire ni de viser la perfection, c'est de revenir à vous, même quelques minutes par jour. Choisissez le geste qui vous appelle le plus — peut-être celui qui vous intimide un peu — et placez-le à un moment repère, après votre dernière réunion, avant de dormir, au milieu de l'après-midi. Le corps n'a pas besoin d'un entraînement héroïque; il a besoin d'un espace où il se sent enfin autorisé à se reposer. C'est déjà beaucoup, et c'est entièrement à votre portée.